En France, le gouvernement a imposé l’utilisation exclusive de Tchap, une application de messagerie instantanée publique et sécurisée, à l’ensemble de ses fonctionnaires. Cette décision, entrée en vigueur le 1er septembre. Elle a été rendue officielle par une circulaire signée par le Premier ministre François Bayrou.
La mesure concerne tous les agents de l’État, y compris les membres des cabinets ministériels. L’objectif est clair : mettre fin à l’utilisation d’applications grand public comme WhatsApp ou Telegram pour les échanges professionnels. Et ce, dans un contexte où des failles zero-day sont exploitées à des fins d’espionnage via ces applications.
La principale raison derrière l’adoption de Tchap est la sécurité des données. Les plateformes de messagerie étrangères, bien que largement utilisées, présentent des risques de sécurité. Elles ne garantissent pas toujours la protection des informations sensibles. Aussi, elles peuvent être soumises à des législations étrangères. C’est le cas du Cloud Act aux États-Unis, qui permet aux autorités américaines d’accéder à certaines données stockées par des entreprises technologiques.
Tchap offre une sécurité renforcée. Elle a été développée par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). L’application est conçue pour garantir la confidentialité et l’intégrité des communications au sein de l’administration. Elle dispose à cette fin, d’un chiffrement de bout en bout et un hébergement des données sur des serveurs français.
Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de souveraineté numérique, une priorité pour de nombreux gouvernements européens. L’idée est de s’affranchir de la dépendance aux géants de la technologie. Et aussi, de maîtriser les outils et les infrastructures numériques de l’État. A l’instar de la France, chaque Etat devrait disposer de ses propres applications afin de garantir une sécurité maximale des données sensibles.
