Le déploiement d’agents IA autonomes dans les organisations représente un nouvel enjeu critique de la cybersécurité. En effet, ces agents d’Intelligence Artificielle ne se contentent plus de répondre à des questions. Ils agissent, décident et exécutent des tâches de manière autonome. Cette évolution rapide ouvre de nouvelles opportunités. Mais elle crée aussi des risques de cybersécurité encore mal compris.
Contrairement aux chatbots classiques, les agents IA sont capables d’accéder à des systèmes internes, d’utiliser des outils numériques et d’effectuer des actions sans intervention humaine directe. Dans une entreprise, ils peuvent analyser des données, lancer des processus ou interagir avec des clients. Le problème apparaît lorsque ces agents sont mal configurés ou détournés.
L’Open Worldwide Application Security Project (OWASP) est une organisation de référence mondiale en sécurité informatique. Elle publie le classement OWASP Top 10, un rapport régulièrement mis à jour qui identifie les problèmes de sécurité liés aux applications web. Dans un récent rapport, elle a identifié 10 grandes catégories de risques spécifiques liés aux agents IA : ASI.
L’autonomie des Agents IA, des risques cachés
Selon les experts en cybersécurité, un agent IA compromis peut, par exemple, supprimer des fichiers ou envoyer de fausses instructions. Il peut également accéder à des données sensibles ou faciliter des fraudes financières. Le danger ne vient pas seulement du piratage externe, mais aussi d’erreurs internes, de permissions excessives ou d’une confiance aveugle accordée à l’IA.
Ces risques concernent particulièrement les organisations qui adoptent de plus en plus l’intelligence artificielle dans les banques, les administrations, les fintechs ou les télécoms. Or, les cadres de gouvernance, les compétences spécialisées et les mécanismes de contrôle ne suivent pas toujours le même rythme. Une mauvaise décision automatisée peut alors se propager très rapidement, sans être détectée à temps.
La bonne nouvelle, c’est que ces menaces ne sont pas une fatalité. Les spécialistes recommandent de limiter les droits des agents IA, de maintenir une supervision humaine, de surveiller leurs actions en temps réel et de former les équipes à leurs usages et à leurs limites. Enfin, la meilleure approche de défense repose sur le “Zero Trust”, avec des mesures concrètes pour limiter les dégâts quand un agent IA déraille.
L’IA ne doit pas être laissée seule aux commandes. Puisque, sans garde-fous, l’autonomie de l’IA peut devenir une faiblesse plutôt qu’un progrès.
