Au Niger, la fintech Amana, spécialisée dans le transfert d’argent, a lancé en partenariat avec Visa la première carte virtuelle Visa du pays, directement accessible depuis son application. Et elle marque, selon Mohamed Attaib Kalifa, Directeur Général Amana Transfert d’Argent et Finance, « une étape majeure dans notre ambition de démocratiser davantage l’accès aux services financiers digitaux au Niger.»
Selon les deux partenaires, cette solution va permettre à des millions d’utilisateurs d’effectuer des paiements en ligne sans carte bancaire physique. La carte est entièrement dématérialisée. Elle peut être créée instantanément depuis l’application, rechargée via le wallet Amana et utilisée sur des plateformes locales comme internationales. Les utilisateurs peuvent également consulter leur solde, suivre leurs transactions et gérer leur carte en temps réel.
Amana est déjà très présent dans les transferts d’argent, le paiement de factures et les règlements de frais de scolarité. Pour la fintech nigérienne, cette carte virtuelle représente une extension logique de son offre vers les usages numériques. Une extension que Ismahill Diaby, Vice-Président et Directeur Général Afrique de l’Ouest et Centrale Francophone & Lusophone chez Visa, approuve. « Cette initiative illustre concrètement comment l’innovation peut élargir l’accès aux services financiers, faciliter l’adoption du numérique au quotidien et connecter davantage les populations à l’économie digitale. », a-t-il déclaré.
Au-delà du Niger, les paiments numériquent gagnent toute l’Afrique
L’initiative d’Amana s’inscrit dans une dynamique qui gagne toute l’Afrique. Grâce aux fintechs et aux opérateurs mobiles qui cherchent à répondre aux besoins des populations sous-bancarisées, les cartes virtuelles se multiplient dans plusieurs pays. Elles permettent d’accéder à des services de e-commerce, à des abonnements aux services numériques comme Netflix, ou à des plateformes internationales qui exigent un paiement par carte.
Cette évolution intervient alors que les paiements électroniques gagnent du terrain. D’après le rapport SIIPS 2025 publié par l’AfricaNenda Foundation, le continent a déjà atteint les 2 000 milliards de dollars de transactions. Cette croissance s’appuie notamment sur 36 systèmes de paiement instantané déjà opérationnels dans 31 pays africains. Et, selon les projections des spécialistes, les revenus du secteur technologique financier devraient se multiplier par 13 d’ici 2030.
Dans l’espace UEMOA, la digitalisation des services financiers progresse également. Les fintechs y proposent désormais des plateformes de paiement, des transferts d’argent, des services de wallet et des outils d’acceptation de paiement destinés aux particuliers comme aux entreprises. Ainsi, en se positionnant sur ce segment, Amana cherche donc à capter les nouveaux usages liés aux paiements en ligne et aux transactions internationales. Et pour Visa, le partenariat illustre la stratégie d’extension des moyens de paiement numériques dans les marchés émergents.
