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Crypto : Binance obligé de restreindre ses services en Europe

Crypto Binance obligé de restreindre ses services en Europe
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Le marché européen des cryptomonnaies entre dans une nouvelle ère. Depuis le 1er juillet 2026, toute plateforme d’échange de cryptoactifs doit disposer d’un agrément pour continuer à opérer dans l’Union européenne. Sans ce sésame, elle doit cesser d’accueillir de nouveaux clients et enclencher une liquidation progressive de ses activités sur le sol européen. Parmi les recalés : Binance. 

Cette obligation découle de l’entrée en application complète du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets). Ce texte instaure un cadre commun pour les entreprises du secteur dans les 27 États membres. Entrée en vigueur en 2024, la période de transition de ce règlement s’achevait le 30 juin 2026.  

Concrètement, les plateformes doivent obtenir le statut de PSCA (Prestataire de Services sur Crypto-Actifs). Un titre équivalent européen du CASP (Crypto-Asset Service Provider) anglophone. Cette licence fait office de passeport unique : une autorisation obtenue dans un seul pays de l’UE permet d’opérer dans les 27. Mais, réussir à obtenir ce passeport est difficile. Selon le registre de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), sur plus de 3 000 acteurs recensés en Europe, seuls environ 210 ont décroché l’agrément complet. Soit un taux de 7 %.

Le 23 juin 2026, l’ESMA a d’ailleurs coupé court à tout espoir de sursis. Dans un communiqué, le régulateur a sommé les prestataires non autorisés de « prendre des mesures immédiates pour cesser leurs activités dans l’UE ». Pas de prolongation, pas d’exception. 

Binance recalé après avoir retiré sa demande en Grèce

Binance fait les frais de  ce nouveau cadre. La plateforme, numéro un mondial du secteur, avait déposé sa demande de licence dès janvier 2026 via une filiale grecque. Mais le 24 juin, à six jours de l’échéance, Binance a retiré sa candidature auprès de la Commission hellénique des marchés de capitaux (HCMC). Officiellement, cette démarche visait à « donner plus de clarté » à ses utilisateurs, alors que les autorités semblaient s’attarder sur des questions de gouvernance, son historique en matière de lutte anti-blanchiment et le profil de son principal actionnaire, Changpeng Zhao

Deux jours plus tard, le 26 juin, Binance a envoyé un e-mail à ses utilisateurs de plusieurs pays de l’UE, dont la France, l’Italie, l’Espagne et la Pologne, pour les informer de la restriction de ses services. Ainsi, depuis le 1er juillet, la plateforme ne reçoit plus aucune nouvelle inscription de résidents de l’UE. Elle a fait Les nouveaux ordres au comptant (spot) sont bloqués et les ordres ouverts annulés automatiquement. Aussi, les produits comme Simple Earn, le staking (ETH, SOL), Binance Pay, Launchpool et Launchpad s’arrêtent. Par contre, les retraits, eux, restent ouverts, les fonds des utilisateurs ne sont pas bloqués.

Une seconde échéance est déjà fixée au 1er octobre 2026 pour la clôture ou la liquidation des positions sur marge et des prêts Binance Loans. Binance affirme ne pas baisser les bras et viser désormais une licence via la France, tout en assurant rester « confiant » quant à une régularisation dans les prochains mois.

 A quoi doivent s’attendre les utilisateurs ?

Pour les utilisateurs concernés, cette évolution ne signifie pas la disparition de leurs cryptoactifs. Les plateformes non agréées restent tenues d’assurer la restitution ou le transfert des fonds. En revanche, elles ne peuvent plus développer leurs activités dans l’Union tant qu’elles n’ont pas obtenu l’autorisation requise. 

À l’inverse, des concurrents comme Coinbase, Kraken, OKX et Crypto.com ont bien décroché leur agrément et peuvent désormais opérer sur l’ensemble du marché européen avec leur passeport unique. Plus tôt dans l’année, MiCA avait déjà provoqué le retrait de stablecoins non conformes comme l’USDT, le DAI et le TUSD des plateformes européennes. La raison étant la faute pour leurs émetteurs de satisfaire aux exigences de réserves et d’agrément du règlement.

Avec MiCA, l’Europe devient l’une des premières grandes régions du monde à imposer un cadre réglementaire unifié aux acteurs des cryptomonnaies, une évolution qui pourrait inspirer d’autres juridictions dans les années à venir. Le message envoyé au secteur est clair : en Europe, l’agrément ne se négocie pas, quelle que soit la taille de la plateforme.

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