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Internet mobile : être couvert ne signifie pas être connecté en Afrique

Internet mobile être couvert ne signifie pas être connecté en Afrique
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La couverture d’internet mobile a considérablement évolué en Afrique. Mais disposer d’un réseau à proximité ne suffit pas toujours pour accéder à Internet. Selon le rapport Mobile Economy Africa 2026 de la GSMA, près d’un milliard d’Africains, soit 63 % de la population du continent, vivent aujourd’hui à portée du haut débit mobile sans jamais s’y être connectés. À l’inverse, seuls 9 % restent véritablement hors de portée de ces réseaux.

Ce constat montre que le problème de connectivité sur le continent n’est plus l’absence de réseau, mais plutôt un écart d’utilisation. Pour la GSMA, ce fossé constitue désormais « le principal défi numérique de l’Afrique ». Et plusieurs obstacles expliquent cet écart. La GSMA place l’abordabilité en tête. Le prix des smartphones et des forfaits Internet reste trop élevé pour une partie de la population. Ensuite, le manque de compétences numériques, de contenus locaux pertinents et certaines barrières sociales limitent également l’adoption.

Cette situation change les priorités en matière d’inclusion numérique. Étendre les réseaux pour couvrir notamment les zones rurales est pertinent. Mais construire de nouvelles infrastructures ne transforme pas automatiquement leurs habitants en internautes. Le Ghana illustre bien ce contraste. En 2025, la couverture 4G y atteignait 99 % de la population, selon la GSMA. Pourtant, 62 % des Ghanéens, soit un habitant sur deux vit à quelques mètres d’une antenne sans jamais s’y être connecté, faute de moyens ou d’intérêt immédiat.

L’enjeu dépasse donc la seule accessibilité à la connexion internet. Les technologies et services mobiles ont généré 240 milliards de dollars pour l’économie africaine en 2025, soit 7,8 % du PIB continental. En même temps, elle soutient environ 13 millions d’emplois et 45 milliards de dollars de recettes publiques. Leur contribution pourrait atteindre 290 milliards de dollars en 2030, à condition que les opérateurs investissent plus de 76 milliards de dollars dans leurs réseaux d’ici là.

Mais pour transformer ces infrastructures en usages réels, l’effort devra aussi porter sur les smartphones abordables, le coût des données, les compétences numériques et les services utiles localement. La prochaine bataille de l’inclusion numérique en Afrique ne sera donc plus seulement d’amener Internet jusqu’aux populations. Elle sera aussi de leur donner les moyens et les raisons de l’utiliser.

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