High Energy Photon Source (HEPS), ainsi se nomme le nouvel outil dont dispose la Chine pour observer la matière dans ses moindres détails. Installé à Pékin, cet équipement scientifique produit des faisceaux de rayons X d’une forte brillance. Son installation doit permettre aux chercheurs d’étudier la structure interne de matériaux, de cellules ou encore de composants avec une très grande précision.
HEPS n’est donc pas un appareil à rayons X comparable à ceux utilisés dans les hôpitaux. Il s’agit d’un synchrotron, une immense infrastructure dans laquelle des électrons circulent à très grande vitesse. Leur trajectoire est contrôlée pour produire un rayonnement extrêmement intense que les scientifiques dirigent ensuite vers les objets qu’ils souhaitent analyser.
Selon l’Institut de physique des hautes énergies de l’Académie chinoise des sciences, l’anneau de stockage de HEPS mesure environ 1,36 kilomètre de circonférence et fonctionne à une énergie de 6 gigaélectronvolts (GeV). En juillet 2026, l’installation a atteint son objectif de conception qui est une brillance de 1,04 × 10²² photons par seconde, par millimètre carré, par milliradian carré et par 0,1 % de bande passante. Autrement dit, il s’agit d’un faisceau à la fois extrêmement puissant, extrêmement concentré sur une surface minuscule, et extrêmement précis en termes de longueur d’onde.
HEPS peut voir ce que les microscopes classiques ne montrent pas
Un faisceau aussi concentré permet d’examiner des structures extrêmement petites et d’observer certains phénomènes pendant qu’ils se produisent. Les applications peuvent concerner la science des matériaux, les batteries, la médecine, la biologie, l’énergie ou encore les semi-conducteurs.
HEPS a commencé sa phase d’essais avec des utilisateurs fin 2025. En février 2026, l’installation était déjà capable de fournir de manière stable un faisceau à 100 milliampères pour des expériences scientifiques. Elle fait partie des sources de rayonnement synchrotron de quatrième génération les plus brillantes au monde. À la mi-février 2026, HEPS avait déjà accompagné 222 expériences menées par 91 institutions chinoises et étrangères, pour près de 5 000 heures de faisceau fournies aux chercheurs.
Derrière cette infrastructure se dessine surtout la stratégie technologique de Pékin. La Chine ne mise plus uniquement sur l’application commerciale rapide des innovations. Elle renforce également ses capacités en recherche fondamentale, dont les résultats peuvent parfois prendre plusieurs années avant de déboucher sur des applications industrielles.
Avec HEPS, la Chine construit surtout une infrastructure destinée à alimenter les innovations de demain. La capacité à observer la matière avec davantage de précision pourrait notamment aider les chercheurs à comprendre pourquoi un matériau fonctionne, se dégrade ou réagit, avant d’en concevoir de nouveaux.
