L’Union européenne estime que certaines fonctionnalités de Facebook et d’Instagram favorisent une utilisation excessive des réseaux sociaux. C’est l’une des conclusions préliminaires de la Commission européenne à l’issue d’une enquête de deux ans menée dans le cadre de la loi européenne sur les services numériques (DSA).
A la lumière de ces conclusions, Bruxelles demande à Meta de modifier plusieurs mécanismes de ses plateformes. A défaut, la maison mère d’Instagram, Facebook et WhatsApp, s’expose à une lourde amende.
Les autorités européennes ciblent principalement trois fonctionnalités. Il s’agit du défilement infini ou infinite scroll en anglais, la lecture automatique des vidéos ou autoplay et les recommandations hautement personnalisées. Selon Bruxelles, ces mécanismes encouragent les utilisateurs à rester connectés plus longtemps qu’ils ne l’avaient prévu, en particulier les plus jeunes. Reuteurs précise également que les vidéos et les stories sur Facebook et Instagram peuvent contribuer à une utilisation excessive ou compulsive.
Trois fonctions qui favorisent un usage prolongé
En tant qu’utilisateurs de réseaux sociaux, adultes ou plus jeunes, ces mécanismes s’appliquent à vous quotidiennement. Parfois sans que vous ne vous en rendiez compte, ou sans que vous puissiez les nommer. Il est notamment très actif sur Facebook et Instagram. Raison pour laquelle la commission européenne les pointe du doigt aujourd’hui.
En effet, le défilement infini permet de faire défiler les publications sans jamais atteindre une fin. Dès qu’un contenu disparaît de l’écran, un autre apparaît automatiquement. Le même principe s’applique aux vidéos avec lecture automatique. Lorsqu’une vidéo se termine, la suivante démarre sans intervention de l’utilisateur. Les algorithmes proposent également des contenus de plus en plus proches de ses centres d’intérêt afin de maintenir son attention. Pour la Commission européenne, ces mécanismes peuvent favoriser une utilisation compulsive des plateformes.
Imaginez Kuma, élève en classe de Terminale à Lomé. De retour de l’école, il décide de consulter Facebook « pendant cinq minutes » avant de commencer ses révisions. Une première vidéo attire son attention. Puis une deuxième démarre automatiquement à la suite. Il continue ensuite à faire défiler son fil d’actualité. Deux heures plus tard, il réalise qu’il n’a toujours pas ouvert ses cahiers. Ce scénario est fictif, mais il illustre précisément le type de comportement que l’Union européenne cherche à limiter en demandant à Meta de revoir certaines fonctions de ses réseaux sociaux.
Concrètement, la Commission européenne demande à Meta de désactiver par défaut la lecture automatique et le défilement infini. Elle lui enjoint également d’introduire des pauses efficaces pendant le temps d’écran et de rendre son système de recommandation moins centré sur la stimulation de l’engagement.
Meta conteste, la Commission de l’UE lui donne un délai
Meta conteste toutefois ces conclusions. L’entreprise affirme avoir déjà renforcé la protection des adolescents grâce à des comptes dédiés, des outils de contrôle parental et des fonctions permettant de limiter le temps d’écran.
La Commission européenne estime néanmoins que ces mesures restent insuffisantes. Selon elle, les outils de gestion du temps sont faciles à ignorer. Les contrôles parentaux, quant à eux, nécessitent beaucoup de temps, d’efforts et de connaissances techniques pour que de nombreuses familles puissent les utiliser efficacement.
Meta dispose désormais d’un délai pour répondre aux conclusions préliminaires de l’enquête. Si l’entreprise ne convainc pas les autorités européennes ou refuse d’adapter ses plateformes, elle pourrait faire l’objet d’une décision de non-conformité. Elle pourrait également écoper d’une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial.
Il faut noter que Meta n’est pas la seule plateforme visée par les régulateurs européens. En février 2026, TikTok avait déjà fait l’objet de critiques similaires concernant certaines fonctionnalités jugées susceptibles de favoriser une utilisation excessive. Cette démarche montre que les autorités européennes ne s’intéressent plus seulement aux contenus publiés sur les réseaux sociaux. Elles examinent désormais aussi la manière dont ces plateformes sont conçues pour capter et retenir l’attention de leurs utilisateurs.
