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« Dynamic Patching » : Chrome envisage des mises à jour invisibles

"Dynamic Patching" : Chrome envisage des mises à jour invisibles
Illustration, / Google Chrome

Mettre à jour son navigateur est l’un des gestes les plus simples pour protéger son ordinateur contre les cyberattaques. Pourtant, beaucoup d’utilisateurs repoussent ce moment par crainte d’interrompre leur travail ou de perdre leurs onglets ouverts. Résultat : ils continuent parfois à naviguer avec des failles de sécurité que Google a déjà corrigées. Pour résoudre ce problème, le géant américain envisage une technologie dénommé « dynamic patching » qui permettra au navigateur d’appliquer certains correctifs de sécurité sans un redémarrage manuel.  

Pourquoi Google veut supprimer les redémarrages de Chrome

Aujourd’hui, Chrome télécharge déjà automatiquement les mises à jour en arrière-plan. Mais ces correctifs ne deviennent actifs qu’une fois le navigateur fermé puis rouvert. Or, dans la pratique, de nombreuses personnes ouvrent Chrome le matin au bureau ou à la maison et ne le ferment qu’en fin de journée. Certains n’éteignent pas leur ordinateur et le navigateur peut rester ainsi ouvert pendant plusieurs jours. Pendant tout ce temps, elles continuent d’utiliser l’ancienne version du navigateur, même si une version plus sécurisée est déjà disponible.

Cette situation représente un véritable enjeu de cybersécurité. En effet, les pirates analysent souvent les correctifs que Google publie afin d’identifier les failles qu’elle vient de corriger. Ils cherchent ensuite à exploiter ces vulnérabilités chez les utilisateurs qui n’ont pas encore appliqué la mise à jour. Les spécialistes parlent alors d’attaques « N-day », c’est-à-dire des attaques qui ciblent des failles déjà connues mais encore présentes sur les appareils non mis à jour.

Google souligne d’ailleurs que le nombre de vulnérabilités découvertes dans Chrome a fortement augmenté grâce à l’utilisation de nouveaux outils d’intelligence artificielle pour analyser le code du navigateur. Par exemple, dans les versions 149 et 150 de Chrome, Google a corrigé 1 072 échecs. Ce chiffre représente plus de vulnérabilités que lors des 23 versions précédentes réunies. Cette forte hausse des failles pousse l’entreprise à augmenter la fréquence de ses mises à jour.

Le « Dynamic patching » : corriger sans interrompre la session

Pour réduire cette période d’exposition, Google mise sur le « Dynamic Patching », ou correctif dynamique. Son principe consiste à remplacer à chaud certains composants internes de Chrome, comme le moteur de rendu des pages web ou les processus graphiques, par leur version corrigée pendant que le navigateur continue de fonctionner. L’utilisateur pourrait ainsi bénéficier des derniers correctifs de sécurité sans avoir à fermer ses fenêtres ni perdre sa session de navigation.

Google teste déjà une première étape de cette approche sur Chrome 150 pour macOS. Lorsque le navigateur reste actif en arrière-plan mais qu’aucune fenêtre n’est ouverte, il peut désormais se relancer automatiquement afin d’appliquer une mise à jour en attente. À terme, l’objectif est d’étendre ce fonctionnement et de rendre les mises à jour de sécurité quasiment invisibles pour les utilisateurs.

Cette évolution ne signifie toutefois pas que les redémarrages disparaîtront complètement. Certaines mises à jour majeures continueront probablement de nécessiter une relance du navigateur. Mais en appliquant automatiquement une grande partie des correctifs de sécurité, Google espère réduire le délai entre la découverte d’une faille et sa correction effective sur les ordinateurs des utilisateurs.

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