Envoyer des euros ou des dollars et permettre au destinataire de recevoir directement des francs CFA sur son compte bancaire ou son mobile money. C’est désormais possible dans quatre nouveaux pays africains avec Grey, une fintech nigériane fondée en 2020.
La plateforme a récemment étendu ses paiements à la Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Cameroun et au Rwanda. Elle prend désormais en charge le franc CFA BCEAO (XOF), le franc CFA CEMAC (XAF) et le franc rwandais (RWF). Concrètement, l’utilisateur a uniquement besoin d’avoir un solde en dollars, euros ou livres sterling. Grey effectue la conversion avant d’acheminer l’argent vers le moyen de paiement disponible dans le pays du bénéficiaire.
Les possibilités diffèrent cependant selon les marchés. En Côte d’Ivoire, l’argent peut arriver sur un compte bancaire ou un portefeuille MTN, Orange ou Moov. Au Sénégal, Grey prend notamment en charge les banques ainsi que Wave, Orange, Free et plusieurs autres services de mobile money. Au Cameroun, les paiements sont disponibles vers MTN Mobile Money et Orange Money. Au Rwanda, Grey propose pour l’instant des transferts vers les comptes bancaires.
Faire s’estomper les frontières entre systèmes de paiement
L’entreprise indique que les quatre marchés représentent ensemble plus de 7 milliards de dollars de transferts internationaux. Grey, qui revendique plus de trois millions d’utilisateurs dans plus de 80 pays, cible notamment les diasporas, travailleurs indépendants et entreprises effectuant des paiements transfrontaliers.
Cette expansion illustre une évolution dans la transformation des systèmes de paiements africains. Le défi n’est plus uniquement de numériser les transactions à l’intérieur des pays. Il consiste aussi à relier devises étrangères, banques et mobile money afin que l’argent franchisse plus facilement les frontières.
En Afrique de l’Ouest, cette dynamique accompagne d’autres chantiers d’interopérabilité. La PI-SPI de la BCEAO poursuit, à une autre échelle, l’objectif de fluidifier les paiements entre banques, établissements financiers et acteurs de monnaie électronique au sein de l’UEMOA. Grey intervient sur une autre couche de cette infrastructure. Mais la tendance est clairement de rendre progressivement les frontières entre systèmes de paiement moins visibles pour l’utilisateur.
