
Le Togo met en avant quatre initiatives numériques au Sommet mondial sur l’intelligence artificielle (IA) et le numérique. L’événement, organisé par la Banque mondiale et le gouvernement sud-coréen, se tient du 19 au 22 octobre 2026 à Séoul. Représenté par la ministre chargée de la Transformation numérique, Cina Lawson, le pays s’est donné pour mission de démontrer comment les technologies émergentes peuvent améliorer les services publics, soutenir l’emploi des jeunes et faciliter l’accès au numérique.
Lors d’un panel de haut niveau, Cina Lawson a défendu une utilisation de l’intelligence artificielle adaptée aux besoins des économies en développement. Parmi les initiatives présentées figure Novissi, le programme de transferts monétaires lancé pendant la pandémie de Covid-19.
Selon la Banque mondiale, le programme Novissi a permis d’apporter une aide à plus de 920 000 personnes. Le dispositif a notamment utilisé des images satellitaires et des données téléphoniques anonymisées pour identifier les populations vulnérables. Ce dispositif basé sur l’IA a permis d’intégrer 57 000 bénéficiaires ruraux supplémentaires.
Le Togo présente aussi ses programmes de formation aux compétences numériques. Ils couvrent notamment la programmation informatique, l’anglais et l’intelligence artificielle. L’objectif est de préparer les jeunes aux métiers du numérique et d’améliorer leur employabilité.
Des langues nationales aux infrastructures numériques
Le troisième projet, que le Togo a présenté à Séoul se dénomme « Voix du Togo ». Il ambitionne de rendre l’intelligence artificielle accessible dans les langues nationales. Lancé au début du mois d’octobre 2026 à travers la campagne “National Local Languages Challenge”, ce programme invite les citoyens à enregistrer leurs voix, transcrire des fichiers audio et traduire des textes pour développer des outils d’IA en langues nationales : éwé, kabyè et moba.
Pour chacune, les objectifs initiaux comprennent 50 heures d’enregistrements audio validés et 6 000 paires de phrases traduites. À terme, ces données pourraient servir à développer des assistants vocaux et d’autres outils numériques capables de comprendre les langues togolaises.
Enfin, le pays a présenté à Séoul, le Projet d’accélération numérique. Il vise à améliorer l’accès à Internet dans les établissements scolaires, les centres de santé et les administrations locales. En décembre 2024, la Banque mondiale avait approuvé un financement initial de 100 millions de dollars, soit environ 62 milliards de FCFA. Le projet prévoit notamment de connecter près de 8 000 institutions publiques et d’améliorer l’accès à Internet pour plus d’un million de personnes.
Bien que ces quatre initiatives se trouvent à différents stades de maturité, l’enjeu à Séoul pour le Togo est de capitaliser sur le succès de Novissi pour transformer ses nouveaux investissements technologiques en services inclusifs, concrets et accessibles à l’ensemble de la population.















































