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SPUR : plus de 80 médias s’unissent pour protéger leurs contenus

SPUR plus de 80 médias s'unissent pour protéger leurs contenus
Logo de la coalition SPUR

Plus de 80 éditeurs de presse, issus de plus de 20 pays, s’organisent pour mieux contrôler l’utilisation de leurs contenus par les entreprises d’intelligence artificielle (IA). C’est dans cette optique qu’a été créée la coalition dénommée Standards for Publisher Usage Rights (SPUR). Selon Reuters, elle vise à mieux encadrer l’exploitation des contenus journalistiques, notamment lorsqu’elle se fait sans autorisation ni rémunération.

Lancée en février 2026, cette coalition compte parmi ses membres fondateurs la BBC, le Financial Times et l’Associated Press. Le 12 octobre 2026, plus de 40 nouveaux membres, dont le New York Times, l’Agence France-Presse (AFP) et The Economist, ont rejoint ses rangs. 

Cette mobilisation intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les médias et les développeurs d’IA. Plusieurs éditeurs ont engagé des poursuites judiciaires pour contester l’utilisation présumée de leurs articles dans l’entraînement des modèles. Début octobre, USA Today et plusieurs journaux ont notamment porté plainte contre OpenAI.

Au-delà des actions judiciaires à mener, les éditeurs cherchent également à travers SPUR, à établir des règles techniques communes pour suivre l’utilisation de leurs publications.

Un outil du SPUR pour mesurer l’utilisation des contenus par l’IA

Le 2 octobre, SPUR a publié la première version de son Content Telemetry Standard. « La nouvelle norme de télémétrie de contenu de SPUR est une initiative inédite visant à standardiser le processus permettant aux agents d’IA et aux concepteurs de modèles d’enregistrer leur utilisation du contenu multimédia et de communiquer ces données aux éditeurs. », explique la coalition sur son site internet. En clair, ce référentiel technique vise à permettre aux systèmes d’IA de signaler aux éditeurs comment leurs contenus sont utilisés.

Concrètement, il prévoit cinq catégories d’informations : la consultation d’un article, son utilisation comme source pour produire une réponse, sa citation, son affichage et les interactions des utilisateurs avec ce contenu. L’objectif est de permettre aux médias de savoir quand et comment leurs publications contribuent aux réponses générées par une IA.

Ces informations pourraient ensuite servir de base à des accords de licence et de rémunération entre éditeurs et entreprises technologiques. L’adoption par les éditeurs de ce référentiel reste toutefois volontaire. Son efficacité dépendra de la volonté des développeurs d’IA et des plateformes numériques de l’appliquer.

Pour les médias africains, cette initiative pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives. Des mécanismes communs de suivi permettraient aux rédactions de mieux documenter la réutilisation de leurs contenus. Ils leur permettront également, à terme, d’en négocier les conditions économiques.

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