En Australie, le Parlement a adopté le 20 août 2026 une loi dénommée News Bargaining Incentive (NBI). Son ambition : obliger les grandes plateformes numériques à financer davantage le journalisme australien.
Selon le principe, les plateformes dont Meta, Google, TikTok et désormais LinkedIn, dépassant 250 millions de dollars australiens de recettes publicitaires locales, peuvent négocier et rémunérer directement les médias australiens. Celles qui refusent s’exposent à un prélèvement de 2,5 % de leurs revenus publicitaires numériques réalisés dans le pays.
Les petits médias en sortent renforcés. La majoration prévue pour les médias régionaux et les éditeurs desservant des communautés sous-représentées passe de 10 à 20 %. Pour la ministre de la Communication Anika Wells, le journalisme reste le « sang vital d’une démocratie solide ».
Seul angle mort du dispositif, l’intelligence artificielle. En effet, les services d’IA générative restent en dehors du mécanisme. Et ce, malgré les critiques de plusieurs élus, dont la sénatrice Sarah Hanson-Young. Le sujet devient pourtant pressant : selon une étude de l’université de Canberra, près d’un Australien sur dix utilise déjà ChatGPT, Gemini ou Perplexity pour s’informer.
La question dépasse l’Australie. En France aussi, des éditeurs s’inquiètent de la manière dont les résumés IA de Google captent une partie de la valeur de l’information sans rémunération équivalente. De Paris à Canberra, le débat reste le même : comment faire payer ceux qui profitent du travail journalistique sans le financer ?















































