L’Australie veut donner aux internautes la main sur les algorithmes des réseaux sociaux. Le gouvernement a présenté, le 8 septembre, son projet dénommé « My Feed, My Way ». Dans le principe, Facebook, Instagram et les autres plateformes concernées devraient informer leurs utilisateurs que leur fil peut être personnalisé par un algorithme.
L’utilisateur pourrait conserver les recommandations personnalisées. Ensuite, il pourra aussi choisir lui-même de les désactiver et privilégier les publications des amis et créateurs qu’il a choisi de suivre. « Il ne s’agit pas de donner le contrôle au gouvernement. Il s’agit de donner le contrôle aux gens », explique le Premier ministre Anthony Albanese.
Le projet intervient dans un contexte de pression croissante des pays occidentaux sur les pratiques des réseaux sociaux. Depuis décembre 2025, l’Australie impose déjà aux principales plateformes de prendre des mesures pour empêcher les moins de 16 ans d’y détenir un compte. La mesure concerne notamment Facebook, Instagram, TikTok, X, YouTube ou encore Snapchat.
En Europe, le Digital Services Act (DSA) impose déjà à ces plateformes de proposer un fil qui ne repose pas sur le profilage de l’utilisateur. L’Union européenne va plus loin sur les mécanismes qui favorisent une utilisation prolongée. En février, la Commission européenne a estimé, à titre préliminaire, que TikTok enfreignait le DSA avec certaines fonctions addictives. Elle cite notamment le défilement infini, la lecture automatique et les recommandations fortement personnalisées. En juillet, elle est arrivée à une conclusion préliminaire similaire concernant Facebook et Instagram.
L’Australie s’inscrit aussi dans cette approche. Mais, elle fait davantage en voulant laisser la liberté à l’utilisateur de choisir. Le projet prévoit aussi que les plateformes évaluent les risques liés à leurs services et documentent les mesures prises. Les manquements pourraient entraîner des sanctions atteignant 109,2 millions de dollars australiens. Soit environ 79 millions de dollars américains.
Notons qu’à cette date le texte n’est pas encore définitif. Le projet doit d’abord passer par une consultation avec les plateformes, l’industrie et la société civile. Il sera ensuite soumis au Parlement.
















































