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Sahara v2.5 : une IA qui comprend les mélanges de langues africaines

Sahara v2.5 une IA qui comprend les mélanges de langues africaines
Illustration/ Source : Magnific

Commencer une phrase en anglais, poursuivre en yoruba puis revenir à l’anglais. Cette manière de parler, courante dans plusieurs pays africains, reste difficile à comprendre pour certaines intelligences artificielles. La société nigériane Intron veut s’attaquer au problème avec Sahara v2.5, la nouvelle version de son IA vocale lancée le 26 août.

Sa principale nouveauté concerne le code-switching, ou alternance linguistique. Il s’agit du passage naturel d’une langue à une autre au cours d’une même conversation, voire d’une même phrase. Dans les conversations courantes, un commerçant de Lagos peut, par exemple, mélanger anglais, pidgin et yoruba. Et là où un système classique risque de mal transcrire certains mots ou de perdre le contexte, Sahara v2.5 relève le défi. La solution propose 12 modèles bilingues pour gérer ces conversations. 

Vidéo de démonstration produite et mise en ligne par intron

Le système comprend notamment des mélanges impliquant le swahili, le haoussa, le yoruba, l’igbo, le zoulou ou encore le luganda. Intron propose également un premier modèle trilingue capable de suivre une conversation passant entre kinyarwanda, anglais et français. 

Au total, Sahara prend désormais en charge 63 langues, contre 56 auparavant. L’IA peut également générer de la parole dans 13 langues. Sur ses propres tests, Intron annonce notamment un taux d’erreur de 29,1 % pour le yoruba mélangé à l’anglais, contre 51,8 % pour Gemini 3.6 Flash. 

Pour Intron, l’objectif n’est pas uniquement de retranscrire des conversations. Sa solution cible les secteurs comme la santé, les services financiers, les centres d’appels, la justice ou encore le commerce. Un prototype baptisé SautiLedger permet, par exemple, à un commerçant de dicter une vente en mélangeant pidgin, yoruba et anglais. L’application transforme ensuite ses paroles en données comptables.

L’enjeu dépasse donc l’ajout de quelques langues africaines aux modèles existants. Pour adapter véritablement l’IA au continent, il faut aussi lui apprendre la manière dont les Africains réfléchissent dans ces langues et les utilisent au quotidien.

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