La révolution numérique est en marche en Afrique de l’Ouest. En moins d’une décennie, les services financiers sont ancrés dans les quotidiens. Fintechs et mobile money les ont rendus plus accessibles et inclusifs. Dans ce contexte, la cybersécurité devient un facteur clé de confiance pour les institutions et leurs clients. C’est ce qui ressort d’une analyse de Gaëlle Koanda, spécialiste du domaine.
Forte de son expérience dans des institutions telles que Western Union et la Federal Reserve Bank, elle explique que la majorité des attaques ne résultent pas de lacunes technologiques. Mais plutôt de failles dans la gouvernance et la préparation. « (…) J’ai constaté que la majorité des attaques ne réussissent pas faute de technologie, mais faute de gouvernance et de préparation. La cybersécurité doit être comprise comme un investissement stratégique et non comme un simple coût.», explique-t-elle.
En effet, les établissements financiers, particulièrement les plus petits, sont vulnérables face aux fraudes électroniques et aux attaques informatiques. Cette situation est souvent due au manque de ressources et de protocoles solides. Ainsi, intégrer la sécurité dès la conception des systèmes est essentiel pour éviter des fondations fragiles et protéger la réputation des institutions.
Le secteur financier, cible des cyberattaques ?
Pour illustrer l’importance de la question, l’auteure donne l’exemple de l’attaque au rançongiciel WannaCry en 2017 en Europe. Cette attaque a paralysé des ministères et fait perdre à plusieurs entreprises l’accès à leurs informations. « Cet incident prouve que les cyberattaques ne sont pas une menace abstraite.», explique Gaëlle Koanda.
La spécialiste rappelle également que la cybersécurité est désormais un élément déterminant dans la fidélisation des clients. D’après des études internationales, près de 80 % des clients changeraient de banque après un incident majeur. Investir dans des systèmes sécurisés offre donc un avantage compétitif. D’une part, cela permet de réduire les coûts liés aux crises. Et d’autre part, il renforce la confiance des citoyens dans le système financier régional.
La spécialiste insiste enfin sur l’importance de la sensibilisation des employés et des clients. D’après elle, il s’agit de l’arme la plus efficace et la plus sous-estimée. Elle recommande également l’adoption de normes de sécurité internationales, comme ISO 27001 ou NIST et la mise en place d’une bonne gouvernance. Ceci inclut la nomination d’un RSSI et l’utilisation de technologies de sécurité appropriées.
Les établissements financiers doivent donc adopter une approche proactive de la cybersécurité. Elles doivent également la considérer comme un pilier stratégique de leur développement. C’est la condition sine-qua-non pour garantir la confiance dans le secteur et soutenir la digitalisation.
Avec Sikafinance
















































