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Le Parquet de Paris ferme CFake, un site de deepfakes sexuels

Le Parquet de Paris ferme CFake, un site de deepfakes sexuels
Capture d'écran du site CFake, avec notice de fermeture

Le Parquet de Paris a déféré ce 12 juin 2026 l’administrateur présumé de CFake, un site spécialisé dans la diffusion massive de deepfakes à caractère sexuel. La plateforme, active depuis 2007, vient d’être saisie et fermée. Le tout, en coopération avec la justice américaine.

L’ampleur du site dépasse ce qu’on imagine habituellement pour ce type de contenu. CFake proposait plus de 300 000 images et 7 000 vidéos. Et il était alimenté à raison de 50 nouvelles publications par jour. Les investigations ont permis de recenser 14 000 victimes de toutes nationalités. La plateforme comptait 200 000 comptes utilisateurs actifs et générait près de 4 millions de vues mensuelles. Les contenus consistaient en des montages algorithmiques représentant des femmes artificiellement dénudées, sans leur consentement.

L’affaire démarre le 5 mai 2026, quand le Department of Justice américain (DOJ) via sa section Computer Crime & Intellectual Property transmet des informations au Parquet de Paris sur un site vraisemblablement administré par un ressortissant français. La section cybercriminalité du parquet confie aussitôt l’enquête à la section de recherches de Paris de la Gendarmerie nationale.

Les investigations conduisent au suspect, Cyrille B., informaticien né en 1979, vivant à Nice et jusqu’alors inconnu de la justice. Il est interpellé le 10 juin 2026. À son domicile, les enquêteurs saisissent son matériel informatique. Ils y découvrent également 34,7 ethereum, soit environ 48 521 € issus de la publicité que diffuse son site.

De lourdes  peines envisagées selon le Parquet de Paris

Le 12 juin, alors que les autorités américaines saisissent le site, le Parquet de Paris défère Cyrille B. Il est placé en détention provisoire en attendant son jugement le 7 juillet 2026 devant la 13ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris. Les charges retenues contre lui sont l’administration de plateforme permettant des transactions illicites et la complicité de diffusion de deepfakes.

Selon le Parquet de Paris, Cyrille B. encourt de lourdes peines. Soit jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 500 000 € d’amende pour l’administration de la plateforme. Avec la montée en puissance des deepfakes, la France avait introduit par loi du 21 mai 2024, le délit de diffusion de contenus sexuels non consentis générés par IA. Cette loi fait également encourir au suspect, jusqu’à 3 ans de prison et 75 000 € d’amende.

D’après Laure Beccuau, Procureure de la République française, ce dossier s’inscrit dans la continuité d’une coopération internationale régulière et fructueuse avec les autorités judiciaires américaines. L’objectif étant de garantir le respect du droit et de la dignité des personnes, en ligne autant que dans la « vie réelle ».

Cette affaire confirme également que les deepfakes sexuels non consentis, longtemps dans un vide juridique, sont désormais activement poursuivis. Les juridictions africaines devront bientôt suivre le pas face à cette menace qui grandit.

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