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Google condamné à 572 millions d’euros pour abus de position

Google condamné à 572 millions d’euros pour abus de position
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Le géant américain Google a été condamné par le tribunal régional de Berlin à verser 572 millions d’euros de dommages et intérêts à deux comparateurs de prix allemands, Idealo et Producto, pour avoir abusé de sa position dominante dans les résultats de recherche. Une décision qui s’inscrit dans une longue bataille entre les autorités européennes, les services de comparaison et Google, accusé depuis plus d’une décennie de favoriser son propre service Google Shopping.

Selon le jugement rendu le 14 novembre 2025, Google aurait donné une visibilité privilégiée à ses propres modules d’achat dans les résultats de recherche, reléguant les concurrents plusieurs rangs plus bas, même lorsqu’ils proposaient des offres plus pertinentes. Le tribunal a estimé que ces pratiques avaient affecté la compétitivité des comparateurs entre 2008 et 2023.

Le principal bénéficiaire de cette décision est Idealo, filiale d’Axel Springer, qui recevra 465 millions d’euros. Producto obtiendra pour sa part 107 millions d’euros. Idealo réclamait toutefois beaucoup plus : 3,3 milliards d’euros, soit le montant qu’elle estime refléter la réalité du préjudice subi. Pour Albrecht von Sonntag, co-fondateur d’Idealo, ce jugement est un signal fort envoyé aux grandes plateformes : « L’abus de dominance doit avoir des conséquences et ne pas devenir un modèle commercial rentable malgré les amendes. »

Google au centre d’une bataille antitrust numérique en Europe ? 

Google rejette les conclusions du tribunal et assure avoir modifié ses systèmes depuis 2017. Le groupe indique notamment avoir créé une “Shopping Unit” accessible à tous les comparateurs à travers un système d’enchères. Selon l’entreprise : « Le nombre de sites de comparaison de prix en Europe utilisant ce dispositif est passé de sept à 1550. » Le géant californien annonce faire appel, estimant que ses pratiques actuelles respectent pleinement les règles européennes.

Pour rappel, en 2017, la Commission européenne avait déjà infligé à Google une amende de 2,42 milliards d’euros pour les mêmes motifs. Cette sanction a été confirmée par le Tribunal de l’UE puis validée en 2024 par la Cour de justice de l’Union européenne. En septembre 2025, Google a également été condamné à 2,95 milliards d’euros par Bruxelles pour des pratiques anticoncurrentielles sur le marché de la publicité en ligne. Cette nouvelle amende, bien que record pour une action privée, représente seulement 0,2 % du chiffre d’affaires 2024 de Google

Pour les acteurs européens, cette décision ouvre la voie à d’autres actions en dommages et intérêts. Elle confirme aussi que l’ère des pratiques de “self-preferencing” pourrait toucher à sa fin, au moment où le Digital Markets Act (DMA) impose des obligations strictes aux grandes plateformes.

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