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Les compétences en IA, un atout pour presque tous les métiers ?

Les compétences en IA, un atout pour presque tous les métiers ?
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Il y a encore quelques années, maîtriser Excel, parler anglais ou savoir utiliser un logiciel de gestion suffisait souvent à faire la différence sur un CV. Aujourd’hui, maîtriser l’intelligence artificielle s’invite progressivement dans le champ des compétences que recherchent les recruteurs dans les offres d’emploi. Selon le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial, la demande en compétences liées à l’IA et au Big Data, entre autres, progressera fortement d’ici 2030.  

Cette évolution ne signifie pas que tous les professionnels devront devenir développeurs en intelligence artificielle. L’OCDE rappelle d’ailleurs que moins de 1 % des travailleurs auront besoin de maîtriser des compétences avancées en IA. Contrairement à une idée largement répandue, les entreprises ne recherchent pas uniquement des développeurs ou des spécialistes de l’IA. Elles souhaitent de plus en plus recruter des professionnels capables d’utiliser ces nouveaux outils pour gagner en efficacité, automatiser certaines tâches ou améliorer leur prise de décision. 

Cette tendance est déjà visible en Europe. Au Royaume-Uni, une récente étude montre que de nombreuses entreprises considèrent désormais les compétences de base en intelligence artificielle comme un prérequis pour une grande partie des postes, y compris en dehors des métiers techniques. Les employeurs investissent également davantage dans la formation de leurs collaborateurs afin de les préparer à travailler aux côtés de l’IA.

De plus, dans de nombreux secteurs l’IA transforme la manière de travailler. Les journalistes l’utilisent pour accélérer leurs recherches, les médecins pour analyser certaines données médicales. Les avocats quant à eux s’en servent pour effectuer des recherches juridiques et les services marketing pour produire ou personnaliser des contenus.

Pourquoi les jeunes Africains doivent développer leurs compétences en IA ?

Pour l’Afrique, cette évolution représente un double enjeu. Il s’agit non seulement de suivre une tendance mondiale, mais aussi de préparer une main-d’œuvre capable de développer des solutions adaptées aux réalités locales. Le Fonds monétaire international estime que l’intelligence artificielle pourrait augmenter le PIB de l’Afrique subsaharienne d’environ 4 % au cours de la prochaine décennie. Mais ce potentiel dépendra fortement des investissements dans les infrastructures numériques, l’accès à Internet et surtout la formation des compétences. 

C’est dans cette dynamique que s’inscrivent plusieurs initiatives lancées sur le continent. Au Togo, par exemple, le Togo AI Summer School 2026 ambitionne de former une centaine de jeunes aux fondamentaux de l’intelligence artificielle, de la science des données et de la gouvernance des données. Au programme : des ateliers pratiques utilisant notamment Python, MLflow ou Docker. D’autres programmes portés par des universités, des incubateurs ou des partenaires internationaux se développent progressivement dans plusieurs pays africains.

Au-delà de ces formations spécialisées, ces formations répondent à l’évolution même du marché du travail. Demain, les recruteurs ne demanderont probablement plus si un candidat connaît l’intelligence artificielle, mais comment il sait l’utiliser dans son métier. Dans ce contexte, apprendre à travailler avec l’IA devient une compétence transversale, au même titre que la maîtrise d’un ordinateur ou d’Internet il y a une vingtaine d’années. Pour les jeunes Africains, acquérir ces compétences aujourd’hui pourrait donc constituer un avantage déterminant sur le marché de l’emploi de demain.

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