Les entreprises chinoises dominent progressivement l’écosystème africain des paiements numériques. Leur présence ne passe pas seulement par des applications destinées aux consommateurs. Elle s’étend aux infrastructures, aux équipements et aux technologies qui permettent aux services financiers numériques de fonctionner. Le 28 août, le Centre for African Studies de la Nanyang Technological University (NTU) a publié une analyse qui met en évidence cette influence croissante.
Au Nigeria, OPay et PalmPay sont la partie la plus visible. Les deux fintechs ont construit d’importantes bases d’utilisateurs grâce aux paiements mobiles et aux réseaux d’agents. Pour ce faire, elles ont bénéficié d’importants capitaux chinois. OPay a levé 570 millions de dollars entre 2019 et 2021, tandis que PalmPay a mobilisé 140 millions. OPay a réalisé 536,3 millions de dollars de revenus en 2025, dont plus de quatre cinquièmes au Nigeria. Les deux entreprises préparent désormais leur entrée en Bourse, avec une valorisation cible dépassant le milliard de dollars chacune.
Cependant, l’influence chinoise dans l’écosystème dépasse ces deux acteurs. Puisque l’empire du milieu occupe une place centrale dans les infrastructures numériques et financières africaines.
Des applications aux infrastructures de paiements numériques
Huawei intervient par exemple dans les infrastructures qui soutiennent certains des principaux services financiers du continent. L’entreprise a participé en 2015 au transfert des serveurs de M-Pesa, le leader kenyan du paiement mobile, d’Allemagne vers le Kenya. Elle a également pris part à une nouvelle modernisation de la plateforme en 2025. Les fabricants chinois occupent également une place importante dans la fourniture des terminaux de paiement qu’utilisent les agents bancaires au Nigeria.
Une autre couche se construit à travers les partenariats. La fintech nigériane Flutterwave collabore avec Alipay depuis 2019 pour faciliter les paiements entre l’Afrique et la Chine. Dans la même veine, M-Pesa, s’est également connecté à Alipay et WeChat Pay.
Cette dynamique touche désormais MoMo. En juin 2026, MTN a conclu un partenariat avec Ant International, filiale d’Ant Group (la société mère d’Alipay). L’objectif étant notamment de développer un écosystème de mini-applications autour de sa plateforme Mobile Money. La présence chinoise atteint même les infrastructures de paiement transfrontalier. Standard Bank a rejoint CIPS, le système chinois permettant d’effectuer des paiements internationaux en yuan.
En effet, l’intérêt pour le continent s’explique surtout par son poids dans les paiements mobiles. Selon les données reprises par NTU, l’Afrique subsaharienne a enregistré environ 1 400 milliards de dollars de transactions Mobile Money en 2025. Soit 66 % du total mondial. Et le marché des fintechs africaines pourrait atteindre 65 milliards de dollars d’ici 2030.
Ces données laissent entrevoir un même schéma qui se dessine de Lagos à Nairobi. Les capitaux, les infrastructures et désormais les systèmes de règlement transfrontaliers de tout le continent portent de plus en plus souvent la marque d’acteurs chinois. Et ce mouvement ne semble pas près de s’arrêter.
















































