Le département de la Défense des États-Unis a annoncé le lancement de GenAI.mil, une plateforme d’intelligence artificielle destinée aux forces armées américaines. L’outil repose sur Gemini, l’IA développée par Google. Et il s’inscrit dans la volonté de Washington d’accélérer l’usage de l’IA au sein de l’appareil militaire.
Selon le Pentagone, GenAI.mil sera accessible à l’ensemble des militaires américains. La plateforme est en cours de déploiement. Elle reste donc pour l’instant, inaccessible au public, car limitée aux réseaux internes du département de la Défense.
Dans sa première version, GenAI.mil devrait proposer des fonctionnalités déjà connues dans le domaine de l’IA générative. Il s’agirait notamment de mener des recherches approfondies, de rédiger et structurer des documents, ou encore d’analyser des images. D’après plusieurs sources, la plateforme prendrait la forme d’un assistant conversationnel capable de traiter des données sensibles.
Le Pentagone précise toutefois que Gemini n’est que la première brique d’un vaste ensemble de solutions d’IA qui vont être intégrées progressivement.
L’IA assumée comme outil militaire par les Etats-Unis
Au-delà des usages administratifs, les responsables américains affichent clairement leurs ambitions. L’intelligence artificielle est désormais présentée comme un outil stratégique, voire opérationnel. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, affirme vouloir déployer ces technologies pour rendre les forces armées américaines « plus efficaces » sur le terrain.
Le sous-secrétaire à la recherche et à l’ingénierie, Emil Michael, va plus loin. Il décrit l’IA comme un « multiplicateur de force », appelé à jouer un rôle central dans la supériorité militaire américaine.
Si Google reste discret sur l’utilisation militaire de Gemini, GenAI.mil s’inscrit dans le programme Gemini for Government, dévoilé en août dernier. Un signal supplémentaire du rapprochement entre les grandes entreprises technologiques et les institutions de défense américaines.
Longtemps contestée, la collaboration entre la Silicon Valley et l’armée des Etats-Unis semble désormais pleinement assumée. La militarisation des technologies d’IA prend une nouvelle tournure, avec des implications qui dépassent largement le cadre américain.
















































