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UEMOA/Paiements en ligne : GIM-Switch, nouveau passage obligé

UEMOA/Paiements en ligne : GIM-Switch, nouveau passage obligé
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Dans l’espace UEMOA, les paiements par carte Visa, Mastercard et UnionPay doivent désormais intégrer GIM-Switch dans le traitement des transactions avec des cartes émises dans la région. Cette évolution modifie en profondeur le fonctionnement des paiements en ligne. Ce nouveau système impacte directement l’e-commerce, la billetterie aérienne et les services numériques.

GIM-Switch est la plateforme régionale de commutation et de compensation des paiements par carte dans l’UEMOA. Elle relie les banques, les cartes, les terminaux et les systèmes de paiement. En effet, lorsqu’on effectue un paiement, elle identifie la banque concernée et assure le règlement de la transaction. GIM-Switch est donc une infrastructure numérique centrale qui joue le rôle de hub technique des paiements dans la région.

Pourquoi l’intégration de GIM-Switch change la donne ?

Un paiement en ligne suit un circuit bien défini. L’utilisateur saisit les données de sa carte sur un site marchand. La demande est transmise à une passerelle de paiement. La transaction passe ensuite par Visa ou Mastercard. La banque vérifie les informations et autorise l’opération. Et le paiement est validé. Ce modèle est utilisé à l’échelle mondiale. Il repose sur des systèmes rapides, automatisés et fortement interconnectés. Jusqu’à présent, les cartes émises dans l’UEMOA suivaient ce schéma classique.

Mais, avec l’intégration de GIM-Switch, le circuit évolue. Les transactions effectuées avec des cartes émises dans l’UEMOA doivent désormais passer par le switch régional pour la compensation. Une étape supplémentaire s’ajoute ainsi au processus. Les réseaux internationaux ne peuvent plus traiter seuls ces paiements. Ils doivent s’interfacer avec une infrastructure régionale. Mais cette contrainte impose une synchronisation technique plus complexe et une gestion de flux additionnels. Et ce, avec la contrainte de maintenir des temps de réponse très courts.

Un enjeu de souveraineté numérique 

Cette nouvelle norme impacte encore plus les paiements en ligne. En effet, les paiements physiques peuvent tolérer quelques secondes de latence. Mais, le web, non. Le commerce en ligne exige une validation quasi instantanée, une disponibilité continue et une automatisation totale. Lorsque le circuit de paiement devient plus complexe, les risques augmentent. Les échecs de transaction peuvent alors se multiplier. Et certains utilisateurs peuvent faire face à des refus de paiements. Des services peuvent être temporairement indisponibles. D’ailleurs,  des perturbations ont déjà été observées, notamment dans le secteur de la billetterie aérienne.

Pour les autorités de l’UEMOA, l’objectif est de reprendre le contrôle des flux de paiement, de maîtriser les infrastructures critiques et de renforcer les solutions régionales. GIM-Switch s’impose ainsi comme un pilier de la souveraineté numérique des paiements. Une question reste cependant ouverte. L’infrastructure actuelle est-elle suffisamment robuste pour répondre aux exigences du commerce en ligne moderne à grande échelle ?

L’intégration de GIM-Switch marque un tournant pour les paiements numériques dans l’UEMOA. Le défi est avant tout technique. Les fintechs, les développeurs et les acteurs du numérique doivent adapter leurs systèmes. La transition est en cours. Ses effets se font déjà sentir sur l’écosystème des paiements en ligne dans la région. L’UEMOA quant à elle donne 90 jours à Visa et MasterCard pour se conformer.

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