Anthropic, la firme mère de l’IA Claude a publié le 5 mars 2026, les résultats d’une recherche sur les métiers qui doivent s’inquiéter pour leur avenir à cause de l’IA.
En effet, l’impact de l’IA sur l’emploi continue d’alimenter les débats. La question qui revient souvent est : “Quels métiers l’IA menace réellement ?”. C’est à cette question qu’a tenté de apporte un nouvel éclairage dans une analyse relayée par le média spécialisé BDM.
L’étude menée par Anthropic a introduit une nouvelle métrique baptisée “observed exposure” pour mesurer l’exposition réelle des métiers à l’intelligence artificielle.
Une méthode basée sur l’usage réel de l’IA
Contrairement à de nombreuses études qui évaluent ce que l’IA pourrait théoriquement automatiser, l’approche d’Anthropic s’appuie sur l’utilisation réelle de son assistant IA Claude dans des contextes professionnels.

Part des tâches professionnelles que les LLM pourraient théoriquement effectuer (zone bleue) et notre propre mesure de couverture des emplois dérivée des données d’utilisation (zone rouge).
Source : Anthropic
La méthodologie combine plusieurs sources de données. Il s’agit de : la base O*NET, qui répertorie les tâches associées à plus de 800 métiers ; des données d’utilisation de Claude issues de l’Anthropic Economic Index ; et d’une métrique de recherche qui évalue si un modèle de langage peut accélérer une tâche d’au moins 50 %.
L’objectif est de mesurer non pas le potentiel théorique de l’IA. Mais plutôt son adoption concrète dans le travail quotidien. Et le résultat est sans appel. Un écart important apparaît entre les capacités de l’IA et son usage réel.
Dans les métiers de l’informatique et des mathématiques, par exemple, près de 94 % des tâches pourraient théoriquement être automatisées. Mais, seulement 33 % sont actuellement réalisées avec l’aide d’un modèle d’IA.
Les métiers les plus exposés à l’IA vu par Anthropic
À partir de cet indicateur, Anthropic a établi un classement des professions les plus exposées. Les programmeurs informatiques arrivent en tête avec une couverture estimée à 74,5 % des tâches. Les agents du service client suivent dans ce classement avec 71,1 %.
À l’inverse, environ 30 % des métiers présentent une exposition quasi nulle. Il s’agit principalement de professions nécessitant une présence physique ou un savoir-faire manuel. C’est le cas des cuisiniers, des mécaniciens, des maîtres-nageurs ou encore des plongeurs.
L’étude dresse également le profil type des travailleurs les plus exposés à l’IA. Ils sont en moyenne plus diplômés, plus âgés et mieux rémunérés que les autres catégories professionnelles. Selon les données analysées, leurs salaires seraient en moyenne 47 % plus élevés que ceux des métiers les moins exposés.
Des effets encore limités sur l’emploi
Malgré ces niveaux d’exposition élevés, l’étude ne constate aucune hausse significative du chômage dans les professions les plus concernées depuis l’émergence de l’IA générative fin 2022.
Un signal attire toutefois l’attention : les embauches de jeunes professionnels âgés de 22 à 25 ans dans ces métiers ont diminué d’environ 14 % sur la même période. Ce recul pourrait indiquer que certaines entreprises commencent déjà à réduire le recrutement de profils juniors sur des tâches susceptibles d’être automatisées.
Pour Anthropic, ces résultats doivent encore être interprétés avec prudence. Mais ils confirment une tendance. Si l’IA transforme déjà de nombreux métiers, son adoption réelle reste encore loin de son potentiel théorique.














































