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IA : La Chine réforme ses universités pour former aux métiers de demain

IA La Chine réforme ses universités pour former aux métiers de demain
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L’intelligence artificielle ne transforme pas seulement les entreprises. Elle bouleverse désormais les universités. En Chine, plusieurs établissements ont supprimé ces derniers mois des formations jugées moins adaptées aux besoins du marché du travail. Cette réforme touche notamment l’enseignement de certaines langues étrangères pour créer de nouveaux cursus consacrés à l’intelligence artificielle, aux semi-conducteurs ou encore à la robotique.

Selon les données citées par le cabinet MyCOS, huit cursus de japonais, cinq d’allemand et cinq de traduction ont récemment disparu dans les universités étudiées. L’une des raisons avancées est la progression rapide des outils de traduction alimentés par l’intelligence artificielle, qui modifient progressivement les besoins du marché. Certaines universités ne forment d’ailleurs plus uniquement des traducteurs, mais des spécialistes capables de superviser, d’utiliser et d’évaluer ces nouveaux outils.

Cette réorganisation s’inscrit dans une vaste réforme de l’enseignement supérieur que mène Pékin. Entre 2021 et 2025, le pays a modifié plus de 30 % des formations universitaires du premier cycle. Au total, le pays a supprimé ou suspendu plus de 12 200 cursus au cours des cinq dernières années. Pendant ce temps, plus de 10 200 nouvelles formations ont vu le jour.

De nouveaux diplômes tournés vers les technologies de pointe

En parallèle, le ministère chinois de l’Éducation a approuvé 38 nouvelles formations pour la rentrée 2026. Certaines sont consacrées à ce que la Chine appelle « l’intelligence incarnée ». Une discipline qui combine intelligence artificielle et robotique afin de développer des machines capables d’interagir physiquement avec leur environnement. D’autres portent sur les semi-conducteurs, l’IA appliquée aux entreprises ou encore les nouvelles industries technologiques. Cette stratégie vise à adapter plus rapidement les compétences des futurs diplômés aux secteurs considérés comme prioritaires pour le développement économique du pays.

Toutefois, cette transformation ne fait pas l’unanimité. Plusieurs chercheurs rappellent que les sciences humaines restent essentielles, y compris dans un monde de plus en plus dominé par l’IA.

Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, estime par exemple que la maîtrise de l’anglais constitue toujours un atout important. Il va même jusqu’à qualifier cette discipline de « langage de programmation de l’IA ». De son côté, le géant américain de la gestion d’actifs BlackRock affirme continuer à recruter des diplômés en histoire ou en lettres pour leurs capacités d’analyse et de réflexion. Son Directeur des opérations, Robert Goldstein, déclarait en 2024 que « Nous sommes de plus en plus convaincus que nous avons besoin de personnes ayant fait des études d’histoire, d’anglais, et dans des domaines qui n’ont rien à voir avec la finance ou la technologie ».

D’autres universitaires mettent également en garde contre le risque de sous-estimer certaines disciplines dont l’utilité pourrait réapparaître à long terme.

Une réflexion qui dépasse la Chine

Au-delà du cas chinois, cette réforme illustre une évolution observée dans de nombreux pays. Les universités cherchent à adapter leurs formations à l’essor de l’intelligence artificielle.

Si la Chine a choisi une restructuration rapide et fortement pilotée par l’État, le continent africain est confronté à une réalité différente. Pour les établissements africains, l’enjeu ne consiste pas tant à supprimer des filières qu’à créer les conditions nécessaires à l’intégration de l’IA dans l’enseignement supérieur, malgré les défis liés aux infrastructures, au financement et à la formation des enseignants.

Face à l’absence de politiques globales dans de nombreux pays, des initiatives ciblées commencent toutefois à émerger. Des programmes panafricains comme ARISE ou les centres d’excellence de l’African Institute for Mathematical Sciences (AIMS) misent sur le développement de compétences en intelligence artificielle, en science des données et en mathématiques appliquées pour répondre aux besoins du continent.

Grâce à sa jeunesse et à son dynamisme numérique, l’Afrique pourrait ainsi réussir un véritable saut technologique dans l’éducation. Un phénomène que les spécialistes désignent par le terme leapfrogging. L’enjeu ne serait alors pas d’opposer les sciences humaines aux disciplines technologiques. Mais de les faire converger afin de former des profils capables de concevoir des solutions adaptées aux réalités locales.

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