Nous avons précédemment détaillé les techniques les plus courantes qui sont utilisées pour pirater les mots de passe. Dans cette seconde partie, nous nous intéresserons aux moyens de s’en prémunir. Mots de passe robustes, authentification à deux facteurs ou gestionnaires dédiés etc. Des pratiques simples, mais importantes, que vous connaissez peut-être déjà.
La protection des mots de passe s’impose, en effet, comme une priorité pour tous les internautes. Mais, face à la multiplication et à la sophistication des cyberattaques, aucune méthode n’offre une sécurité absolue. En revanche, l’adoption de bonnes pratiques réduit considérablement les risques. Que ce soit en termes d’intrusion ou de fuite de données.
Créer des mots de passe robustes et impersonnels
Un mot de passe long et complexe constitue le premier rempart contre les attaques par force brute et par dictionnaire. Il doit idéalement comporter au moins douze caractères composées de lettres majuscules et minuscules, chiffres et caractères spéciaux.
L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) recommande également d’éviter toute information personnelle facilement identifiable. Parce que lors de leurs intrusions, les premières pistes que les cybercriminels explorent souvent sont les prénoms, dates de naissance, noms d’animaux ou encore des références sportives.
Utiliser un mot de passe différent pour chaque service
Réutiliser le même mot de passe sur plusieurs plateformes expose à un effet domino. Lorsqu’ils arrivent à compromettre un compte, les attaquants testent immédiatement la combinaison sur d’autres services.
Chaque compte doit donc disposer d’un mot de passe unique. Et ce, même si le compte semble peu sensible. Une simple boîte mail ou un réseau social peut servir de point d’entrée vers des services plus critiques.
Ne jamais stocker ses mots de passe en clair
Il est risqué de noter ses mots de passe sur un papier, dans un fichier texte ou dans une application de notes non sécurisée. Ces supports peuvent être consultés, copiés ou compromis, volontairement ou non.
L’exemple de la chaîne TV5 Monde, qui avait involontairement révélé des identifiants de ses comptes sociaux à l’antenne après une cyberattaque, illustre les conséquences potentielles de ce type de négligence.
Activer l’authentification à deux facteurs
L’authentification à deux facteurs ajoute une couche de sécurité supplémentaire. Elle repose sur un élément que seul l’utilisateur possède. Il peut s’agir d’un code temporaire envoyé par SMS, une notification sur smartphone ou une application dédiée.
La majorité des services en ligne comme Gmail et WhatsApp proposent aujourd’hui cette fonctionnalité. Nous recommandons fortement de l’activer si elle est disponible.
S’appuyer sur un gestionnaire de mots de passe
Comme le souligne l’ANSSI, il est « humainement impossible de retenir des dizaines de mots de passe longs et complexes. L’agence française rappelle donc que : les gestionnaires de mots de passe constituent une solution adaptée à cette contrainte humaine.
Ces outils génèrent automatiquement des combinaisons robustes et les stockent dans un coffre-fort chiffré, protégé par un mot de passe maître. Ils peuvent également enregistrer d’autres données sensibles et remplir automatiquement les champs de connexion. L’avantage étant qu’ils limitent les erreurs et les mauvaises habitudes.
La sécurité des mots de passe repose avant tout sur l’adoption constante de réflexes et d’une discipline numérique. À mesure que les services en ligne concentrent des volumes croissants de données personnelles et professionnelles, renforcer ses pratiques d’authentification devient un enjeu central de protection individuelle et collective.
















































