Selon un rapport d’Amnesty International de 2023, l’algorithme de TikTok peut pousser un adolescent vers une «spirale» de contenus dépressifs en seulement 20 minutes. Et pour contrer cette menace, l’ONG vient de lancer une pétition mondiale. Elle accuse la plateforme de mettre en danger la santé mentale des jeunes et exige des changements dans son modèle économique, jugé dangereux pour les enfants.
Le cœur du problème, selon l’organisation, est le fameux fil « Pour toi ». Cet algorithme surpuissant, conçu pour maximiser le temps d’écran, crée une bulle de contenus très personnalisés en se basant sur les données collectées sur l’utilisateur.
Dans un rapport de 2025, Amnesty détaille une expérience qu’elle a réalisée. Des comptes tests, simulant des adolescents s’intéressant à la santé mentale, se sont vus proposer « principalement des vidéos dépressives ou anxiogènes » en moins de 20 minutes. L’ONG dénonce un mécanisme qui peut rapidement entraîner les jeunes vers des contenus liés à l’automutilation ou au suicide.
Le modèle de TikTok repose sur la collecte massive de données pour affiner ce ciblage. Amnesty appelle donc le PDG de TikTok, Shou Zi Chew, à désactiver ce fil « Pour toi » par défaut pour les mineurs et à interdire tout ciblage publicitaire basé sur leur comportement.
L’Europe régule, l’Afrique s’expose, Amnesty en pleine offensive !
Cette campagne trouve un écho particulier en Europe. Sur le vieux continent, le Digital Services Act (DSA) force déjà les plateformes à plus de transparence et à mieux protéger les mineurs. Mais la situation est différente sur le continent africain. Dans des pays comme le Ghana, le Nigeria ou le Togo, TikTok connaît une croissance explosive auprès des jeunes. Cette génération ultra-connectée y passe souvent plusieurs heures par jour.
Et pourtant, dans beaucoup de ces pays, le cadre légal sur la gestion des données ou la protection de la santé numérique reste flou, voire absent. Les utilisateurs y sont donc particulièrement exposés aux dérives de cet algorithme, sans les mêmes garde-fous qu’en Europe.
Pour Amnesty, il est urgent que TikTok prenne ses responsabilités. La pétition, qui vise 125 000 signatures, n’est pas qu’un coup de sommation. Ouverte jusqu’au 31 décembre 2025, elle a déjà récolté plus de 104.000 signatures au 7 novembre 2025. Et pourtant, les actions entreprises par TikTok peinent à convaincre l’organisme international. Car, au-delà du divertissement, c’est tout un modèle numérique fondé sur l’attention et la collecte des données qui est désormais remis en question.
















































