Début septembre 2025, au Togo, les vidéos intimes d’un jeune créateur de contenus ont circulé sur les réseaux sociaux. En quelques heures, elles ont enflammé la toile, alimentant une avalanche de commentaires et de jugements. Ce n’est pas la première fois qu’un tel scandale secoue l’espace numérique togolais. Ce phénomène, en pleine expansion ces dernières années en Afrique porte un nom désormais bien connu : le revenge porn, ou « pornodivulgation ».
Le revenge porn désigne la diffusion publique d’images ou de vidéos intimes, sans le consentement de la personne concernée. Bien souvent, il s’agit d’un acte commis par un ex-partenaire dans un esprit de vengeance. Mais pas uniquement : certains contenus sont partagés par simple curiosité malsaine, recherche de buzz ou chantage. Dans tous les cas, il s’agit d’une atteinte grave à la vie privée.
Un phénomène mondial en expansion
Né avec l’essor des réseaux sociaux et du partage instantané, le revenge porn est devenu un problème mondial. Des personnalités publiques comme des anonymes en sont victimes. Les plateformes comme Facebook, X (ex-Twitter) ou TikTok sont régulièrement contraintes de supprimer des contenus signalés. En Afrique, et particulièrement au Togo, ces affaires suscitent souvent un grand retentissement médiatique.
Au-delà du scandale en ligne, les victimes de pornodivulgation subissent de lourdes conséquences psychologiques et sociales. Dans le cas cité en exemple, à voir la trame des commentaires, tout porterait à croire que ce sont ses prises de position dans la sphère publique qui lui ont valu cette compromission numérique. En voici quelques-unes.
- Harcèlement et moqueries : elles deviennent la cible de commentaires humiliants et de cyberharcèlement.
- Isolement : par honte ou pression sociale, certaines s’éloignent de leur entourage ou abandonnent leurs activités professionnelles.
- Impact professionnel : une vidéo compromettante peut nuire à une carrière ou à une réputation publique.
- Dans les cas les plus graves, le revenge porn peut entraîner une détresse profonde. Il peut dans certains cas pousser à des comportements suicidaires.
Revenge porn et contenus assimilés : qu’en dit la loi ?
Dans plusieurs pays, la diffusion de contenus intimes sans consentement est un délit passible de peines de prison et d’amendes. Au Togo, la loi sur la cybercriminalité (2018) réprime déjà les atteintes à la vie privée commises en ligne. Toutefois, l’application stricte et la sensibilisation restent des défis. Les victimes hésitent souvent à porter plainte, par peur du jugement social.
La lutte contre le revenge porn repose sur plusieurs leviers. Le premier est la sensibilisation car il est essentiel d’informer les jeunes sur les risques liés au partage de contenus intimes. Ensuite, vient la réactivité. Car, il faut signaler immédiatement les vidéos sur les plateformes pour qu’elles soient supprimées. Un accompagnement des victimes est également sur les plans juridique et psychologique. Enfin, la responsabilité collective joue un rôle central dans cette lutte.
Plus qu’un simple « buzz » en ligne, le revenge porn est une violence numérique aux conséquences réelles. Derrière chaque vidéo partagée, il y a une vie brisée. La meilleure arme reste la prévention. Mais, une prise de conscience collective s’impose pour protéger l’intimité et la dignité de chacun, même dans un contexte de divergence d’opinions.
















































