La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a lancé officiellement, le 30 septembre 2025 à Dakar, la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI). Pour marquer l’événement, le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou a reçu en direct sur son téléphone un transfert instantané. Une preuve du démarrage effectif du service.
Cette plateforme était longtemps attendue. Elle permet désormais aux banques, établissements de microfinance, fintechs, opérateurs de mobile money et trésors publics de traiter des paiements instantanément, 24h/24, en toute sécurité et au-delà des frontières de l’UEMOA. D’une part, elle supprime les barrières techniques entre les acteurs. Et de l’autre, elle offre une solution commune à l’ensemble de l’écosystème financier.

Dès son lancement, 45 institutions financières étaient déjà prêtes à utiliser la plateforme. Ce résultat couronne plusieurs années de travail débuté depuis 2022. En mai 2024 à Lomé, les régulateurs du numérique et des télécoms avaient appelé à accélérer l’interopérabilité des paiements. Aujourd’hui, elle est une réalité.
Transformer l’écosystème financier dans l’espace de la BCEAO
Pour les citoyens, les commerçants et les services publics, le changement est concret. Les virements qui prenaient un à trois jours sont exécutés en quelques secondes. Les transferts d’argent, paiements par QR code ou par alias deviennent simples et rapides, sans frais pour les transactions nationales.
Selon Jean-Claude Kassi Brou, PI-SPI marque un tournant. Plus qu’un outil technique, c’est un levier de transformation économique. Chaque acteur y trouve son compte. Pour les banques, il ouvre vers de nouveaux modèles de services plus accessibles et compétitifs. Pour les startups, c’est une porte d’entrée vers l’écosystème financier sans avoir à signer des accords multilatéraux complexes. Les États quant à eux, bénéficient d’une meilleure traçabilité des flux et d’une optimisation de leurs recettes.
Au-delà de l’innovation technique, PI-SPI illustre une volonté politique : faire du numérique un outil d’inclusion et d’autonomie économique pour les populations de l’UEMOA. Ce lancement prouve également que l’Afrique peut créer et déployer ses propres modèles de modernisation financière à grande échelle.
















































