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Sécurité numérique : les Africains restent vulnérables (Afrobaromètre) 

Sécurité numérique : les Africains restent vulnérables (Afrobaromètre) 
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L’usage d’Internet progresse rapidement en Afrique. Mais la culture de la cybersécurité peine à suivre. Une nouvelle enquête menée par Afrobaromètre dans sept pays met en lumière un paradoxe. Des populations de plus en plus connectées, mais encore peu outillées pour protéger leurs données personnelles. 

Nous publions ci-dessous son communiqué de presse dévoilé suite à l’enquête.

En moyenne, en Angola, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Nigéria, au Sénégal et en Tanzanie, une majorité de personnes interrogées se disent préoccupées par la sécurité de leurs données personnelles en ligne et estiment que leurs téléphones portables sont les appareils les plus vulnérables aux menaces numériques.

La plupart des adultes de sept pays africains accèdent fréquemment à Internet. Mais beaucoup restent méconnaissants des mesures de sécurité numérique et les pratiquent de manière incohérente, voire pas du tout, selon une enquête téléphonique d’Afrobaromètre menée dans sept pays africains

En moyenne, en Angola, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Nigéria, au Sénégal et en Tanzanie, la majorité des personnes interrogées se disent préoccupées par la sécurité de leurs données personnelles en ligne et estiment que leur téléphone portable est l’appareil le plus vulnérable aux menaces numériques. Nombre d’entre elles ignorent l’existence des outils de protection en ligne et peu appliquent les mesures de sécurité, notamment celles qui offrent une protection renforcée, comme l’authentification à deux facteurs, les VPN et les logiciels antivirus.

Les personnes interrogées ont tendance à s’appuyer fortement sur des sources informelles, telles que les médias sociaux et leurs amis ou leur famille, pour obtenir des conseils en matière de sécurité numérique, tandis que les ressources plus structurées – telles que la formation en milieu de travail ou les tutoriels en ligne – sont moins fréquemment utilisées.

Bien que limitées à sept pays et aux personnes interrogées âgées de plus de 17 ans, ces conclusions mettent en évidence d’importantes lacunes en matière de culture numérique et suggèrent la nécessité d’une éducation ciblée et de ressources accessibles pour garantir que l’empreinte numérique croissante de l’Afrique soit à la fois émancipatrice et sécurisée.

Principales conclusions

  • En moyenne, dans les sept pays étudiés, parmi les adultes qui accèdent au contenu Internet, une grande majorité (84 %) déclare le faire « tous les jours » ou « quelques fois par semaine ».
  • Les téléphones mobiles sont le principal moyen d’accès à Internet (85%).
  • Les jeunes adultes (âgés de 18 à 35 ans) sont plus susceptibles d’être des utilisateurs réguliers d’Internet (87 %) que les cohortes plus âgées (74 % à 83 %).
  • Plus de huit répondants sur dix (82 %) déclarent s’informer « tous les jours » ou « plusieurs fois par semaine » via les réseaux sociaux. Par ailleurs, la moitié (51 %) indique s’informer régulièrement via d’autres sites Internet.
  • Plus de la moitié (52 %) expriment des inquiétudes quant à la sécurité de leurs informations personnelles en ligne, et 81 % pensent que les téléphones portables sont plus vulnérables aux activités en ligne nuisibles que les ordinateurs et autres appareils.
  • Seul un tiers environ (32 %) des répondants se considèrent comme « assez » (22 %) ou « très » (10 %) familiers avec les outils et les compétences qu’ils peuvent utiliser pour protéger leur vie privée et leurs informations numériques.
  • L’utilisation des outils et pratiques de protection par les internautes est très variable.
  • Plus de sept personnes sur dix (72 %) disent utiliser des mots de passe forts pour protéger leurs informations en ligne, bien que seulement environ la moitié (52 %) des Béninois fassent cette affirmation.
  • D’autres mesures de sécurité sont beaucoup moins fréquemment utilisées, notamment l’authentification à deux facteurs (33%), les logiciels antivirus (30%) et les réseaux privés virtuels (VPN) (21%).
  • La plupart des répondants comptent sur leurs amis et leur famille (62 %) et/ou les médias sociaux (60 %) pour s’informer sur les outils de sécurité en ligne.
  • Moins de la moitié se tournent vers les vidéos/tutoriels en ligne (48 %), les articles/sites Web d’actualité (32 %) et le lieu de travail (29 %) comme sources d’information sur la sécurité en ligne.

Appel d’Afrobaromètre

Afrobaromètre est un réseau panafricain de recherche par sondage, indépendant de toute affiliation politique, qui fournit des données fiables sur les expériences et les évaluations de la démocratie, de la gouvernance et de la qualité de vie en Afrique. Pour ses enquêtes standard, des partenaires nationaux dans une quarantaine de pays africains mènent des entretiens en face à face, dans la langue choisie par le répondant, auprès d’échantillons représentatifs de 1 200 à 2 400 personnes.

Entre ses enquêtes classiques, Afrobaromètre réalise également des sondages téléphoniques plus ciblés sur des sujets émergents ou d’actualité, sous l’égide d’Afrobarometer Calling. Entre le 6 septembre et le 8 novembre 2024, ses partenaires ont interrogé des échantillons nationaux de 1 200 adultes (âgés de 18 ans et plus) possédant un téléphone mobile et déclarant consulter du contenu Internet. Ces enquêtes ont été menées en Angola, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Nigeria, au Sénégal et en Tanzanie, et portaient sur les usages numériques et la sensibilisation à la cybersécurité.

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